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Bernard, Faucon l'arrête... (19/02/2006)

C’était il y a 11 ans. Déjà (!), diront d’aucuns. Si peu et tant mieux, oserais-je. 1995 ne connut pas qu’une échéance électorale ou l’avènement d’une certaine forme de conflit social. Cette drôle d’année fut également le siège d’une IVC spectaculaire - comprendre Interruption Volontaire de Carrière. Passé maître dans l’art de la mise en scène, c’est donc en 1995 que Bernard Faucon décidait, après deux décades de régressions infantiles, d’arrêter son travail photographique. Non sans effort ni tentative d’incarner à lui seul une Société du Spectacle débordant Debord lui-même, via son ultime série « La fin de l’image ». Un peu comme s’il mettait fin, à la faveur de ses quelques écrits sur peau (d’enfants ?), à toute forme d’images autres que les siennes. Passons sur l’exégèse de l’œuvre pour en venir au fait.

Salué en son temps et « ontologiquement » par Barthes, plus récemment par le DA de l’agence Vu ou Marie Darrieussecq, Bernard Faucon s’expose à la Maison Européenne de la Photographie (MEP). Hommage, anniversaire, rétrospective intégrale, …c’est tout à la fois l’œuvre et l’homme via elle qui s’exposent. Dans les salles d’en face, Depardon expose tout court, impeccable et troublant de justesse. C’est d’ailleurs et peut-être bien de pardon dont Faucon aurait besoin. Tant la faute semble plomber une bonne part des photos qui constituent l’intégrale de son œuvre. Faute ou culpabilité, espoir de réincarner une enfance perdue ou que sais-je encore, je laisse l’analyse psy ou autre aux spécialistes. Reste que l’enfance, désincarnée par une ribambelles de mannequins aux faciès enfantins et joviaux, incarnée par d’authentiques gamins, est au centre d’au moins 5 séries de l’exposition.

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Bernard Faucon - Maison Européenne de la Photographie - Jusqu'au 5 Mars 2006.

 
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