C’était il y a 11 ans. Déjà (!), diront
d’aucuns. Si peu et tant mieux, oserais-je. 1995 ne connut pas
qu’une échéance électorale ou l’avènement
d’une certaine forme de conflit social. Cette drôle d’année
fut également le siège d’une IVC spectaculaire
- comprendre Interruption Volontaire de Carrière. Passé maître
dans l’art de la mise en scène, c’est donc en 1995
que Bernard Faucon décidait, après deux décades
de régressions infantiles, d’arrêter son travail
photographique. Non sans effort ni tentative d’incarner à lui
seul une Société du Spectacle débordant Debord
lui-même, via son ultime série « La fin de l’image ».
Un peu comme s’il mettait fin, à la faveur de ses quelques écrits
sur peau (d’enfants ?), à toute forme d’images autres
que les siennes. Passons sur l’exégèse de l’œuvre
pour en venir au fait. Salué en son temps et « ontologiquement » par
Barthes, plus récemment par le DA de l’agence Vu ou
Marie Darrieussecq, Bernard Faucon s’expose à la Maison
Européenne de la Photographie (MEP). Hommage, anniversaire,
rétrospective intégrale, …c’est tout à la
fois l’œuvre et l’homme via elle qui s’exposent.
Dans les salles d’en face, Depardon expose tout court, impeccable
et troublant de justesse. C’est d’ailleurs et peut-être
bien de pardon dont Faucon aurait besoin. Tant la faute semble plomber
une bonne part des photos qui constituent l’intégrale
de son œuvre. Faute ou culpabilité, espoir de réincarner
une enfance perdue ou que sais-je encore, je laisse l’analyse
psy ou autre aux spécialistes. Reste que l’enfance,
désincarnée par une ribambelles de mannequins aux faciès
enfantins et joviaux, incarnée par d’authentiques gamins,
est au centre d’au moins 5 séries de l’exposition.
Lire la
suite
(pdf)
Bernard Faucon - Maison
Européenne de la Photographie - Jusqu'au 5 Mars 2006.
|